22.05.2007

le bar du cap

medium_bar2.jpgJ'ai mis du temps à comprendre que le bar du Cap Sizun se chassait à trou et pas forcément en pleine eau. Les fréquents passages que j'observais lors du flot ne me laissaient jamais le temps d'ajuster mon tir. Par contre, j'ai souvent surpris de beaux spécimens de plus de 3 kg endormis en position verticale le long des tombants, toujours à basse mer de vives eaux.

C'est ainsi qu'un jour d'été, je me suis risqué à engager mon arbalète dans une cavité, dans à peine 2 m de profondeur. Une sorte de <pièce> appréciée des poissons, bien cachée sous les laminaires, dans un chaos de roches, mais surtout dotée de trois issues. Je décide d'ignorer la première car l'angle de visée est réduit, mais je sais qu'en passant devant,  je serai repéré. Il ne me restera alors que quelques secondes ajuster mon tir dans la seconde.

J'y suis, encore une fraction de seconde pour m'adapter à l'obscurité ambiante.  Ca y est, je distingue des formes : mulet, vieille... quand apparaît un énorme bar, l'air aussi surpris que moi abusé par l'effet loupe de mon masque. Maintenant ! J'appuie sur la détente... Schhhlongg. Séché net. Pas un seul mouvement de nageoire pour se débattre alors qu'il est à quelques centimètres de la dernière issue. Un joli coup de chance et un plaisir immense une fois à la surface. Résultat : 4,5 kg et 80 cm. Bien sûr, il y a toujours plus grand, plus gros, mais rarement la chasse sous-marine ne procure un tel plaisir, celui d'être parvenu à débusquer le loup dans sa tanière.